La galerie hier et aujourd’hui

C’est en tant que directeur de la librairie – galerie Kléber, fondée par Achille Weber, que Jean Fournier organise sa première exposition en 1954, consacrée au peintre Joseph Sima. C’est dans ce lieu tutélaire que Jean Fournier présentera dès 1956 les œuvres de l’artiste à qui il sera lié toute sa vie durant, Simon Hantaï. Depuis le décès de l’artiste en 2008, la galerie poursuit un important travail de valorisation, de recherche et de diffusion de cet œuvre magistral.

A partir de 1964 et jusqu’en 1979, Jean Fournier va concentrer son activité de marchand rue du Bac. Il ouvre un espace rue Quincampoix en 1980 pour revenir rue du Bac en 1999. Aujourd’hui, la galerie continue son activité grâce au soutien de Jean-Marie Bonnet, son président.

Après avoir été dirigée pendant dix ans par Elodie Rahard, l’une des proches collaboratrices de Jean Fournier, Emilie Ovaere-Corthay en est désormais la directrice. Conservatrice au Matisse du Cateau-Cambrésis jusqu’en 2010, ses pas l’ont naturellement guidée vers la galerie Jean Fournier, lui-même grand amateur de l’œuvre de Matisse. Elle est secondée par Martina Mutti, qui depuis 2007, est principalement en charge de la collection et des archives la de la galerie.

Jean Fournier fut un véritable compagnon d’artistes, sensible et intuitif. Il a exposé les premières toiles libres de Claude Viallat et ainsi fréquenté ceux qui allaient fonder Supports/Surfaces ou BMPT comme Michel Parmentier. Pierre Buraglio a pu notamment montrer parmi ses plus importantes séries d’œuvres dans les années 1970-1980 : Les Fenêtres ou les Masquages.

Chaque fois et pour chacun, Jean Fournier a soutenu leur audace et leur inventivité. Il a également défendu pendant de longues années des peintres américains venus s’installer en France dans les années 1950 à l’instar de James Bishop, Sam Francis, Shirley Jaffe, Joan Mitchell, Jean-Paul Riopelle et Kimber Smith. Joan Mitchell a montré, grâce à Jean Fournier, parmi ces plus beaux et importants tableaux. Toutes ces expositions ont fait date et encore aujourd’hui de nombreux conservateurs témoignent de l’héritage inestimable de Jean Fournier.

Depuis les premiers engagements de Jean Fournier, les choix de la galerie sont principalement orientés vers l’abstraction et les pratiques picturales des années cinquante à nos jours. Ces dialogues féconds et intergénérationnels fondent aujourd’hui l’identité de la galerie et la dynamisent.

La programmation de la galerie est cadencée par des expositions monographiques des artistes qui témoignent de leurs travaux récents et des expositions consacrées à un aspect particulier des œuvres des artistes historiques. Des expositions collectives conçues tels des musées imaginaires, rythment les expositions monographiques, comme Matisse Now en 2010 où des dessins de Matisse dialoguaient avec des œuvres d’artistes de la galerie.

Portée par ce passé prestigieux, la galerie expose aujourd’hui des artistes, européens et américains, dont la pratique artistique se développe depuis les années 1980-1990.

Un soin particulier est porté à la conception des cartons d’invitations pour chaque exposition et des catalogues monographiques sont publiés régulièrement.

Trois ouvrages rendent compte de l’histoire particulière d’une des seules galeries de cette époque encore en activité aujourd’hui à Paris :

  • Le catalogue de l’exposition « La couleur toujours recommencée » paru en 2004 à l’occasion de l’exposition conçue en hommage à Jean Fournier par le musée Fabre de Montpellier.
  • Le journal de l’exposition « Petits et grands tableaux en hommage à Jean Fournier » conçue en hommage à Jean Fournier en 2013.
  • La biographie de Catherine Francblin, Jean Fournier, un galeriste amoureux de la couleur, paru aux éditions Hermann en 2018 par le Comité des galeries d’art.